Commerce équitable

DOMAINES. « Commerce » et « équitable », deux notions vouées à s’opposer ? Pas nécessairement : découvrez une vision du commerce qui se préoccupe aussi du développement social, économique et de la protection de l’environnement !

Contexte 

Qu’est-ce que c’est ?

Le commerce équitable constitue une des alternatives à l’échec du commerce conventionnel, incapable de fournir des moyens de subsistance durables et des opportunités de développement aux populations des pays les plus pauvres du monde.

C'est “un partenariat commercial basé sur le dialogue, la transparence et le respect dans le but de parvenir à une plus grande équité du commerce international. Le commerce équitable contribue au développement durable en proposant de meilleures conditions d’échanges et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés, en particulier ceux du Sud. Les organisations du commerce équitable (soutenues par de nombreux consommateurs) s’engagent à sensibiliser l’opinion publique et à mener campagne pour des changements dans les règles et les pratiques du commerce international conventionnel.” Le but est de rendre les populations défavorisées des pays du Sud plus autonomes et de leur donner la possibilité de se développer par elles-mêmes, sans compter sur une aide extérieure.

En 2001, les principales fédérations internationales du commerce équitable (la World Fair Trade Organisation - WFTO, la Fairtrade International et l’European Fair Trade Association - EFTA) ont proposé cette définition commune du commerce équitable. En savoir plus ? Consultez le guide du REFEDD : définition, enjeux, débats, perspectives... ou visitez le site de la Plate-Forme pour le commerce équitable. 


Evolution 

On constate depuis le début des années 2000 que le commerce équitable prend de l’ampleur, à la fois en Europe et dans le monde : davantage d’acteurs impliqués dans les réseaux équitables, des produits plus variés, des volumes de vente plus importants.

La Plate-Forme pour le Commerce Équitable, qui représente et fédère les principaux acteurs du secteur en France, indique par exemple pour l’année 2015 :

  • A l’échelle de la planète, les ventes de produits issus du commerce équitable ont augmenté de 72% entre 2012 et 2015, la part des ventes du secteur entre commerce équitable nord-sud s'élève à 555 millions d'euros et nord-nord à 108 millions d'euros en 2015. 
  • plus de 2 millions de producteurs et travailleurs en Afrique, Asie et Amérique Latine rassemblés au sein d’environ 1400 organisations professionnelles (coopératives, associations…)  dans 75 pays : avec leurs familles, ce sont donc environ 10 millions de personnes qui bénéficient directement du commerce équitable.

 En France, ce secteur est dynamique et diversifié.

  • Des entreprises nombreuses : près de 400 entreprises travaillent dans le secteur du commerce équitable (hors distribution) et ont créé plus de 10 000 emplois. L’intérêt pour ces entreprises est triple : une cohérence avec les valeurs portées par la structure, un élément de différenciation sur le marché pour attirer le consommateur mais aussi une façon de sécuriser sa production : « le commerce équitable est en effet un moyen de sécuriser des approvisionnements de qualité auprès des producteurs via un mode de relations régulées en termes de prix, d’engagement sur la durée et d’accompagnement des producteurs via la structuration de leurs organisations. »
  • Des produits variés : la majeure partie des achats français issus du commerce équitable concernent de l’alimentaire, à 91,78%. Les autres secteurs non (textile, artisanat, fleurs, cosmétiques…) se développent de manière importante : en 2015, le tourisme équitable ne représente que 3,4% des ventes de commerce équitable mais le textile et les cosmétiques atteignent à eux deux presque 38,3% de part des ventes non alimenaire. 
  • Des points de vente partout : pour acheter équitable, il n’y a pas que les grandes surfaces ! En 2015, 43,3% des ventes de produits du commerce équitable se sont faits en grandes et moyennes surface tandis que 24,30% du chiffre d’affaires est issu de la consommation dite « hors domicile »  (c’est-à-dire hôtellerie et restauration, distribution automatique, achats professionnels, restauration collective) et 22,63% des magasins bio.

La Plate-Forme pour le Commerce Équitable estime que, même si les consommateurs français sont aujourd’hui mieux informés sur le commerce équitable qu’il y a quinze ans, ils achètent encore peu. Si la consommation des Français se développe (le panier moyen des Français en commerce équitable a doublé entre2012 et 2015 atteignant 9,96€), elle reste encore bien en-deçà de pays tels que la Suisse ou le Royaume-Uni. En savoir plus ? Visitez le site de la Plate-Forme pour le Commerce Équitable : études, enjeux, fonctionnement et impacts du commerce équitable.


Acteurs

Différentes pratiques du commerce équitable existent en France :

  • des organisations d’appui au Sud
  • des importateurs (grossistes et détaillants)
  • des points de vente spécialisés (comme les réseaux Artisans du Monde et Biocoop)
  • des associations de promotion et de labellisation (comme Max Havelaar France)
  • des structures de solidarité internationale (Handicap International ou le CCFD)
  • des opérateurs de tourisme équitable

Retrouvez la diversité des acteurs de commerce équitable sur la Plate-Forme du commerce équitable


Métiers 

Le réseau d’associations étudiantes Animafac, investi dans le collectif ACT2E des « Actions étudiantes pour le commerce équitable » au sein de la Plateforme pour le Commerce Équitable explique que, pour travailler dans ce secteur, les compétences recherchées sont variées : commerce, comptabilité, gestion de projet, communication, animation de réseaux… Côté formation, il n’y a pas de cursus prédéfini, même si de plus en plus d’écoles abordent cette thématique.

Les postes salariés sont peu nombreux dans ce secteur. La fonction la plus recherchée est celle de commercial. Des acteurs comme Max Havelaar France, Artisans du Monde ou Oxfam fonctionnent avec des équipes d’une vingtaine de salariés permanents. 

L’engagement associatif reste le meilleur moyen de comprendre le fonctionnement du secteur et connaître les acteurs qui le composent. Enfin, il est possible de créer son emploi en développant son propre projet.

Quelques exemples : Entrepreneur, chargé de communication et animation, coordinateur de projet… Plus d’infos dans la rubrique "En faire mon métier !"

En savoir plus


Sur Internet​ 

A lire
  • Guide pratique d'organisation d'un marché équitable ou solidaire (CADR, GRAD, 2008)
  • Le commerce équitable, T. Lecomte (Eyrolles, 2004)
  • Un métier pour la planète... et surtout pour moi !, E. Laville et M. Balmain (Village Mondial, 2004)
  • Vers un commerce équitable (Minga, 2007)
Cet article à été écrit en collaboration avec la Plateforme pour le Commerce Equitable

La Plate-Forme pour le Commerce Équitable (PFCE) est le principal collectif français de concertation et de représentation des acteurs de commerce équitable en France visant à défendre et promouvoir le secteur.

Elle regroupe une quarantaine d’organisations d’envergure nationale engagées dans le commerce équitable, dont les différents réseaux en régions représentent plus de 600 structures en France. La PFCE rassemble des labels de commerce équitable, des entreprises, des réseaux de distribution, des ONG et des mouvements d'éducation populaire. Ses membres s'engagent à développer et à promouvoir des relations Nord/Sud plus justes et équilibrées et une forme de commerce permettant aux producteurs et aux consommateurs de vivre dans la dignité et l'autonomie.

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