Sécurité alimentaire

DOMAINES. Sur la planète, 795 millions de personnes souffrent encore de la faim, soit 216 millions de moins qu’en 1990. Si ces progrès sont encourageants, notamment au vue d’un contexte récent difficile, la sécurité alimentaire reste un enjeu de solidarité crucial.

Contexte 

Définition. Qu’est-ce que la sécurité alimentaire ?

D’après la définition de la Conférence Mondiale de l’Alimentation de 1996 : « la sécurité alimentaire existe lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès physique et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant […] de mener une vie saine et active ».

En 2015, 795 millions d’individus ne bénéficient pas de sécurité alimentaire dans le monde et n’ont pas accès à une quantité minimale de nourriture de qualité. Une malnutrition peut être fatale sans traitement (graves carences nutritionnelles, troubles physiologiques et psychologiques). La Food and Agriculture Organisation (FAO) confirme que 25000 personnes meurent chaque jour de faim. La malnutrition aigüe touche aussi les enfants : 6 millions d’enfants de moins de 5 ans meurent chaque année dans le monde.

Il est important de préciser que la faim touche aussi les pays développés. En 2014, selon le rapport d’activités de la Banque Alimentaire et les chiffres de la Direction Générale de la Cohésion Sociale : 6 millions de personnes en France sont en situation de précarité alimentaire et 3,9 millions de personnes ont bénéficié de l’aide alimentaire. Il ne s’agit pas ici d’un problème de disponibilité des produits, mais plutôt de pouvoir d’achat et de pauvreté.

Pour se rendre compte de l’état d’insécurité alimentaire dans le monde,  consultez la carte FAO de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.


Evolution 

En 2000, au Siège de l’ONU, le sommet du millénaire constitua le plus grand rassemblement de chefs d'État et de gouvernement de tous les temps. Ils définirent huit OMD (Objectifs du Millénaire pour le Développement), l’objectif n°1 étant de réduire de moitié le pourcentage de personnes souffrant de la faim d’ici 2015. Objectif tenu puisqu’en 2015, plus de la moitié des pays (72 pays sur 129) l’ont atteint (Rapport SOFI, dernière édition du rapport annuel des Nations Unies « L'État de l'insécurité alimentaire dans le monde », 2015).

Pourtant l’insécurité alimentaire n’est pas résolue et reste un problème mondial majeur. En 2007/2008, une crise alimentaire mondiale a ainsi explosé : une hausse du prix des denrées a précipité des millions de foyers pauvres dans l’insécurité alimentaire en provoquant de violentes « émeutes de la faim ». 


Acteurs 

Les problématiques liées aux domaines de la nutrition et de la sécurité alimentaire sont inévitablement prises en compte par :

  • les associations/ONG internationales à vocation humanitaire. Elles mènent de nombreux programmes pour lutter contre la malnutrition (dépistage, traitement, suivi) et l’insécurité alimentaire (aide alimentaire, aide financière, relance agricole, activités génératrices de revenus…) dans leurs pays d’intervention. Par exemple, l’ONG Action contre la Faim œuvre auprès des populations vulnérables, sous-alimentées et sous-nutries via des interventions multisectorielles. Le secteur de la sécurité alimentaire apporte une assistance pour répondre aux besoins alimentaires immédiats, pour prévenir les crises alimentaires et construire des capacités des communautés sur le long-terme, ainsi que favoriser le relèvement des populations à l’issue d’une crise alimentaire. Les interventions sont ainsi très variées. Elles comprennent l’assistance alimentaire, les activités agricoles, les activités génératrices de revenus en milieu rural ou urbain, ainsi que la surveillance. D’après leur rapport d’activité, le secteur de la sécurité alimentaire d’ACF a porté assistance à 12 millions de personnes entre 2011 et 2015.
  • les États, collectivités territoriales, institutions internationales et fondations : allouent des fonds pour la mise en place de ces programmes. On retrouve par exemple le FAO (Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture) ou le Fonds international de développement agricole.
  • les instituts de recherche et bureaux d’études ont un rôle d’expert primordial. Dans le secteur privé, on trouve des sociétés d’exploitation, d’agro-alimentaire et d’agro-industrie agissant au niveau national et international.

Quelques exemples : Action contre la Faim (ACF), Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies (PAM)


Métiers 

Pour mettre en place des programmes nutritionnels ou de sécurité alimentaire, les organisations humanitaires recherchent des compétences en analyse et en gestion de projet pour le secteur de la santé, de la nutrition ou encore de l’agriculture. Ces métiers peuvent être exercés dans le secteur privé ou humanitaire, en s’adaptant aux différents contextes d’intervention.

Les associations comme les Banques Alimentaires ou les Restos du Cœur agissant en France recrutent des bénévoles tout au long de l’année pour venir en appui à leurs actions.

Le domaine de la nutrition a besoin d’une forte composante médicale. Les associations/ONG recherchent des professionnels de la santé comme des médecins, infirmières, psychologues, psychomotriciens, puéricultrice, sages-femmes…

Retrouvez plus d'informations sur les formations et emplois de ce domaine de la sécurité alimentaire dans la rubrique "En faire mon métier"

En savoir plus


A lire
  • Allons-nous mourir de faim ? Comprendre la crise alimentaire mondiale, F. Mouchon (Calmann-Levy, 2008)
  • Atlas de l'alimentation dans le monde, E. Millstone, T. Lang (Autrement, 2003)
  • Géopolitique de la faim. Faim et responsabilité, Action contre la faim (PUF, 2004)
  • Nourrir l'humanité : les grands problèmes de l'agriculture mondiale au XXIe siècle, B. Parmentier (La Découverte, 2007)